Trilogie – Thessalonique
Les chuchotements de la Gorgone font partie d’un ensemble de cent
poèmes environ divisés en trois recueils.
Ce cycle est dédié à la ville où je suis née, où j’ai grandi et fait mes
études, à Salonique ; Salonique d’après la guerre civile avec ses
voisinages, avec son quai long pareil à un champ infini non cultivé mais où
sont plantées ci et là des mines oubliées dès la seconde guerre mondiale.
C’est un appel à Salonique d’une beauté alors sans maquillage, aux
jardins tout en fleurs avec ses légendes, ses fantômes, ses vielles maisons
occupées d’esprits, ses hôtels splendides et luxueux, ses bâtiments
néoclassiques, ses églises byzantines, ses sources d’eaux bénites
miraculeuses. Salonique gaillard et fier.
La Gorgone nous chuchote le rythme quotidien de la vie
de Salonique comme nous l’avons aimé.
Et les derniers chameaux, les fardeaux de tapis sur le
dos, de traverser nonchalamment notre ville se dirigeant vers Thrace et
Constantinople.
Et leurs guides de briller à nos yeux d’enfant éblouis
pareils aux trois mages sortis des récits saints sur la Naissance de Christ
et son Adoration.
Et les charrettes trot – trot – trot de transporter les légumes des
vergers de Néa Messimvria suivant le chemin auprès de la mer vers le Dépôt
et le côté Est de la ville.
Et le bruit cadencé des chevaux de bourdonner à nos oreilles, là, à la
rue Halkis, entre la rue Vita Hatzi et Philopoiménos, près de l’aube vers 4
ou 5 heures.
Il s’agit, en somme, d’une longue chanson pour
Salonique érotique, cosmopolite et moderne qui a submergé de ses restes. Et
sur ces fonds est basée l’âme éternelle de ma ville natale, encore
reconnaissable de nous qui l’avons quittée et aimée pour toujours de ses
nouveaux habitants.
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